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mardi 19 août 2014

Coup de coeur pour les Chattel houses


On appelle chattel house ce type de petites maisons faites en bois, typiques de la Barbade. Elles appartiennent à l’histoire du pays et remontent aux débuts de l’époque des plantations, alors que les ouvriers devaient se déplacer de temps à autres puisque les terrains où ils travaillaient n’étaient pas forcément leur propriété. 

Elles sont donc spécifiquement conçues pour être démontées et reconstituées afin d’en faciliter le déménagement. Pour cela elles ne sont construites qu’en bois seulement, et sans même l’usage de clous!

On en trouve partout au pays, de ces jolies maisonnettes, il y en a de toutes les couleurs. Certaines sont très coquettes, d’autres un peu moins, mais je les affectionne particulièrement. En voici un tout petit échantillon pour vous donner un aperçu de la beauté modeste de la chose.

La petite maison dans la prairie
Un peu de soleil sur la montagne
Une maison rayonnante sur la rue principale
Reggae style !
Toute pimpante
Calme et reposante
Vert comme la mer
Une touche de couleur sur la grande route
Oh! Celle-ci est à vendre...  ;o)

lundi 4 août 2014

The Crop Over festival

Une salutation toute spéciale pour vous autres!
Le Crop Over festival est une activité annuelle célébrant les récoltes céréalières, et spécialement la fin de la récolte de la canne à sucre. Étalant sa programmation sur plusieurs semaines, ce festival est un incontournable; il est en fait l’événement le plus attendu de la Barbade et attire de ce fait des milliers de touristes à travers le monde entier. Son origine remonterait à la fin du 18e siècle.

En ce lundi 4 août, avaient lieu les événements de clôture de ce fameux festival, et je me suis donc rendue en ville pour voir de mes yeux ce à quoi pouvait bien ressembler cette fête dont on m’avait beaucoup parlé.

Avec leurs costumes éblouissants, de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, les Barbadiennes n’hésitent pas à entrer dans la parade. Elles sont belles, elles sont souriantes et flamboyantes. Ce qui m’a surtout marquée est que sans complexe aucun, quelles qu’elles soient, elles s’agitent le popotin dans la rue à moitié dénudées, au rythme de la musique; bourrelets ou pas bourrelets, vergetures ou pas vergetures, cellulite ou pas cellulite, elles s’en fichent complètement et entrent dans la danse parées de leur plus beaux atouts. Et les Barbadiens eux ne vont pas s’en plaindre, ils sont ravis de célébrer entourés de toutes ces femmes qui assument pleinement leur féminité et sont incontestablement bien dans leur peau.
 
La beauté sous toutes ses facettes
En regard de la danse, il faut dire que les Bajans sont ne sont pas très timides en public. C’est l’esprit endiablé des Caraïbes qui les domine, sans doute, ils ont réputation d’être chauds en amour… En tout cas le brassage de popotin ne tarde pas à se muter en une simulation très explicite de la copulation. Et n’allez pas croire que cela ne se fait qu’entre gens mariés, majeurs et vaccinés… non non, il n’est pas rare que le mâle approche la femelle inconnue et la « zigne » pendant quelques secondes, entre adultes consentants, ce qui donne lieu parfois à des scènes, je vous jure, qui vous incitent à mettre la main devant les yeux des enfants, surtout quand s’amoncellent quelques danseurs à la queue leu-leu et que ce beau «zignage» collectif prend des airs de gang bang, enfin bref… Je détiens quelques vidéos de cela, mais c’est presque gênant de vous montrer ça ici, c’est bien pour vous dire, et je ne voudrais surtout pas essuyer de poursuite judiciaire pour avoir diffusé des vidéos compromettants! Ça fait que je m’en remets à une vidéo officielle que je vous présente ici, à la toute fin, et qui vous permettra peut-être d’entrevoir un peu la chose. Je vous laisse sur ces images, donc, plus éloquentes les unes que les autres en regard de l’aspect spectaculaire de l’événement. 

Il y avait de ces jolis couples...
...et des danseurs solos (on se demande ben pourquoi!?)
Elles ont accepté de poser pour moi, je les trouvais superbes!
Comme elle est jolie, n'est-ce pas?
La reine du festival, on dirait bien...
Subtile, mais alors là très subtile amorce de séance de zignage en public
Du harcèlement sexuel, rien de moins!
Les jeunes filles se sont amusées à se faire frétiller  les fesses
devant ces pauvres soldats sans défense... ça avait l'air d'amuser pas mal le premier du bout,
les plus concernés tentaient de demeurer impassibles.
Zignage en bonne et due forme, avec amorce subtile,
mais encore là très subtile, de pseudo gang bang
Assis sur le camion, ils observent la parade
La foule participative
Une autre de ces beautés pures
Les hommes adoptent peu les costumes, mais choisissent plutôt le body painting 
La femme en rose
Les Indiens de par icitte
Un ange, peut-être...
La beauté à tous les âges
Hommes fiers en leur chic costume
Petit rafraîchissement: des hommes s'amusaient à arroser
les participants avec de puissants fusils à eau.
Beauté sérieuse
De la Guadeloupe
Aux couleurs de la Barbade
Body painting
Un autre Indien de par icitte
Quelle coiffe!
Et une vidéo, afin que vous puissiez voir danser les gens dans la rue:


mercredi 16 juillet 2014

Barbados Wildlife Reserve

Ma fille (ma numéro 3, pour les intimes) et son copain étant venus me rendre visite à la Barbade, j’ai le plaisir de passer deux belles semaines en leur agréable compagnie. Aujourd’hui, la température étant relativement fiable ―à la fois nuageuse, pluvieuse et par moments ensoleillée― nous avons opté pour la visite de la Barbados Wildlife Reserve située sur la route de Farley Hill National Park, dans un bois d’acajou naturel, au nord de la paroisse de Saint-Pierre. La visite a été fascinante ; je vous laisse en juger grâce à ces images croquées sur le vif.

Une maman singe vert et son petit qui fait dodo
Un gros iguane 
Un... je sais pas trop quoi au juste
Un magnifique paon
Les alligators, les alligators, ohé ohé! 
Melting pot de tortues, d'iguanes, de singes verts
et de je ne sais pas trop quoi d'autre encore.
J'aime bien la bouille de celui-là, à gauche... 
Les jolis sentiers pavés de pierre
Un Yarkkk
Un authentique escargot africain géant
Un arbre qui pique pique pique...

dimanche 6 juillet 2014

Le Sud décomplexe

Malgré que l’on soit au début de la saison des pluies, il fait très beau ici à la Barbade. Il fait chaud (autour de 27°C ou 30°C tous les jours), et on est plutôt confortable puisque l’air ne contient pas trop d’humidité et que de petites averses fréquentes nous rafraîchissent de temps à autres. L’eau est magnifiquement turquoise, l’horizon est absolument superbe et quand on loge au bord de la mer, on finit par passer ses journées entières en costume de bain question d’être toujours prêt à faire une saucette!

Pour tout vous dire, d’ordinaire je ne suis pas très fervente de piscines et de plages ; comme beaucoup de femmes je ne suis pas tout à fait confortable dans un maillot de bain, encore moins dans un bikini! et ceci pour la simple et bonne raison que mon corps me semble toujours être trop ceci ou trop cela, pas assez ceci ou pas assez cela. J’ai beau ne jamais regarder la télé ni même consulter aucun magazine féminin (à moins de m’ennuyer pour mourir dans une salle d’attente), allez savoir pourquoi les foutus standards hollywoodiens de beauté me persécutent quand même. Je suis donc toujours assez réticente à fréquenter les lieux publics où le maillot de bain est de mise, car alors je voudrais bien rester enroulée dans ma serviette toute la journée. Je suis d’ailleurs capable d’inventer bien des prétextes pour me soustraire à des invitations aux loisirs aquatiques, du genre que je n’ai pas chaud du tout (même si je transpire à grosses gouttes), que je n’ai pas de costume de bain (mais alors on propose de m’en prêter un et finalement ça n’est pas d’avance alors ce n’est pas ma meilleure excuse…), ou que je ne sais pas beaucoup nager (quel odieux mensonge!), ou encore que je ne suis pas très friande de barbotage (pas vrai pantoute ça non plus, j’ai passé toute mon enfance dans la piscine de ma meilleure amie de l’époque, au point où j’ai même failli me muter en sirène, alors c’est vous dire…).

Toujours est-il que la chaleur a ses arguments, et qu’on finit par se rendre à ceux-ci. On adopte le costume de bain quand on est entouré d’étrangers dont on se fout pas mal de l’opinion (après tout, on ne les reverra jamais, et puis s’ils ne sont pas contents, ils peuvent toujours regarder ailleurs, comme on dit!). On finit par bronzer peu à peu et ce joli teint naturel porte par ailleurs ensuite à délaisser toute forme de maquillage auquel on n’a recours qu’en soirée seulement lorsque vient le moment de sortir en ville. La peau ambrée, sans les faire disparaître, atténue les imperfections, les rend plus tolérables et permet de porter sur soi-même un regard plus indulgent. Alors au bout du compte on commence à privilégier le bikini pour prendre autant de teint que possible. À force d’être légèrement vêtue, d’avoir la peau en contact direct avec l’air et l’eau, s’opère une curieuse magie qui réconcilie avec notre manière d’être et permet de se sentir mieux dans sa peau. Les nuits étant chaudes ont prend également l’habitude de dormir en costume d’Ève, avec le ventilateur pour bénéficier d’un peu plus de fraîcheur, ce qui contribue aussi —ça n’a l’air de rien mais c’est ça tout de même— à habiter son corps avec plus d’aisance. À cela s’ajoute aussi le fait que la culture locale étant différente de celle du Québec, force est de réaliser que les critères de beauté ne sont pas les mêmes et que les femmes aux formes généreuses ont ici plus de succès que les femmes minces. Grand bien me fasse, moi qui n’ai pas la poitrine très opulente (j’ai tout donné à ma fille aînée, alors il n’en reste plus pour moi!), même après avoir allaité quatre enfants, j’apprends ici à considérer ma silhouette callipyge de manière plus favorable. Au final, je vote pour un renversement des températures Nord/Sud et un renversement équivalent des critères de beauté féminine! C’est ça ou bedon je vais finir par déménager dans le Sud, moi...

mardi 17 juin 2014

«Why not peanuts?» comme dirait l’autre

Comment vous dire à quel point j’aime ma nouvelle vie de bohème? Chaque matin je me lève, je regarde l’horizon par la fenêtre, il n’est jamais le même, et je me dis que quelque chose de nouveau est possible, que rien ne m’empêche plus de prendre la vie comme elle vient, que c’en est terminé de toutes ces contraintes que pendant longtemps je me suis imposées à moi-même par volonté, comme tout le monde, d’être raisonnable et de rentrer dans le moule.

Depuis plus d’un an déjà j’ai vendu ma voiture, ma maison, j’ai quitté mon emploi d’enseignante pour devenir travailleuse autonome. Le moment était venu ; le dernier oisillon venait de quitter le foyer familial. J’étais rendue là. J’aurais pu être envahie d’un grand vertige et rester figée sur place, chercher instinctivement à retrouver mon équilibre au creux de ma zone de confort métro-boulot-dodo, mais ce n’est pas ce que j’ai fait. J’ai choisi de me délester de tout ce que je possédais, ou presque, et pour dire vrai je me sens plus fortunée que jamais. Je suis maintenant sans attaches, libre de voyager.

Je garde toujours mon pied à terre à Montréal, mais pour combien de temps encore je ne saurais le dire. La vie en décidera. Pour le moment je voyage, je vais ici et là, je reste un peu, je pars et je reviens, je traîne mon travail avec moi dans mon portable, je vis dans mes bagages avec trois ou quatre vêtements de rechange qui, tout compte fait, me suffisent amplement. Mais comment fais-je pour quitter le pays pendant des semaines voir des mois alors que j’ai au Québec toute ma petite famille (dont mes quatre jolies filles ainsi que mon petit-fils et ma petite-fille qui viendra au monde prochainement), me demandait-on il y a peu de temps ; ma progéniture ne devrait-elle pas être un incitatif à rester? Non, elle n’est pas une raison de rester, mais elle est de toute évidence une raison de revenir. Je les aime de tout mon cœur — rien ne vaut l’instant des retrouvailles après une longue absence — et je souhaite par l’exemple leur inculquer que la liberté est une chose possible que l’on obtient cependant au prix de l’abandon des choses matérielles dont au fil du temps on devient insidieusement les esclaves.

J’apprends donc peu à peu, au fil de ma vie insouciante, à vivre sans attaches. Je n’ai pas besoin de posséder pour être, je me définis autrement. Je n’ai pas besoin d’une maison qui soit ma propriété, j’habite ma propre intériorité.

Cette fois, la possibilité m’était offerte de me rendre à la Barbade pour la saison estivale, afin de prendre soin d’une maison en l’absence de ses propriétaires. « Why not? », me suis-je dis ; l’occasion passe, il faut la saisir. Alors voilà que j’y suis!